
Olivier Clair · Hautes-Alpes · 17–22 avril 2027
Stage de jeûne sec & Nâtha Yoga
Six jours pour faire moins de bruit, pratiquer le yoga, découvrir le silence et rencontrer cette personne que nous passons notre vie à éviter : nous-mêmes.
17 → 22 avril 2027 · 8 participants maximum
Les dates
17–22 avril 2027
La région
Hautes-Alpes
Le groupe
8 personnes
Tarif à partir de
640 €
01 / Le point de départ
Et si on arrêtait un peu ce cirque ?
Une semaine pour faire le vide. Le vrai.
Six jours sans les petites habitudes qui nous gouvernent. Du silence, du yoga, de la méditation et une rencontre avec un personnage que nous passons notre vie à éviter : nous-mêmes.
Soyons francs.
Nous vivons dans une société formidable. Nous mangeons sans avoir faim, buvons sans avoir soif, parlons sans avoir grand-chose à dire et consultons notre téléphone pour vérifier que le monde continue bien de tourner sans nous.
Le matin, il faut un café pour démarrer. À dix heures, une petite collation pour tenir. À midi, un repas parce que c’est midi. L’après-midi, quelque chose de sucré parce que la journée est difficile. Et le soir, un bon dîner pour se remettre de tout ça.
Entre deux bouchées, nous cherchons la paix intérieure sur Instagram.
Tout va bien.
Et si, pendant une semaine, nous arrêtions un peu ce cirque ?
Pas pour devenir des ascètes à la mine déconfite, pas pour battre un record de privation, et encore moins pour exhiber notre supériorité spirituelle devant les pauvres mortels qui continuent à manger des pâtes.
Simplement pour voir ce qui se passe quand on retire quelques habitudes, quelques distractions et beaucoup de bruit.
Bienvenue au stage de jeûne sec et de Nâtha Yoga d’avril 2027.
Une semaine dans les Hautes-Alpes. Un petit groupe. Des pratiques de yoga, du souffle, du silence, de la méditation. Une préparation progressive, une période de jeûne adaptée à chacun et une reprise alimentaire vécue ensemble.
Et, cette année, une place encore plus importante accordée à ce luxe devenu presque indécent : ne rien faire, ne rien dire et ne pas chercher immédiatement à combler le vide.
Une retraite différente
Moins de bruit.
Plus de souffle.
Un peu plus de présence.
02 / Cinq années de pratique
Cinq ans de stages… et nous n’avons toujours pas appris à nous taire !
Silence
Méditation
Intériorité
Voilà maintenant cinq ans que j’organise ces stages de jeûne sec.
Cinq années d’expériences, de rencontres, d’observations, de moments étonnants, de belles découvertes et, reconnaissons-le, de quelques conversations passionnées autour d’un simple bouillon de légumes.
Avec le temps, ces stages ont évolué.
Au départ, le jeûne occupait naturellement une place centrale. Puis, au fil des années, quelque chose s’est imposé : le plus intéressant n’est pas forcément ce que l’on retire de son assiette. C’est ce que l’on découvre quand on cesse de la remplir.
Et cette année, nous allons pousser l’expérience un peu plus loin.
Moins de paroles.
Plus de silence.
Moins d’agitation.
Plus de méditation.
Moins de tentatives pour expliquer ce que nous vivons, davantage de temps pour le vivre réellement.
Car il faut reconnaître une chose : nous avons développé une capacité extraordinaire à parler de nous-mêmes sans jamais vraiment nous rencontrer.
Nous commentons nos émotions, analysons nos pensées, racontons nos expériences, comparons nos ressentis. Certains arrivent même à transformer cinq minutes de méditation en conférence de quarante-cinq minutes.
Un véritable exploit.
Alors, cette année, nous allons essayer autre chose.
Nous taire.
Pas tout le temps, évidemment. Nous conserverons des moments d’échange, de partage et d’accompagnement.
Mais suffisamment longtemps pour découvrir ce qui reste lorsque les mots cessent de nous servir de cachette.
Et parfois, surprise : derrière le bavardage, il y a quelqu’un.
Nous.
Pas toujours aussi merveilleux que prévu, mais généralement assez intéressant.
03 / Les trois piliers
Une expérience. Trois chemins.
Le jeûne n’est pas l’unique sujet. Ce sont le souffle, le silence et la présence qui donnent du sens à cette retraite.
01
Souffler
Prânâyâma, postures douces, mudrâ et yoga nidrâ. La respiration comme terrain de connaissance.
Le corps
02
Se taire
De vraies plages de silence. Une denrée rare, devenue presque subversive.
L’espace
03
Se rencontrer
Observer nos habitudes et nos réactions sans passer immédiatement à autre chose.
La présence
04 / La tradition
Pourquoi associer le jeûne sec et le Nâtha Yoga ?
Le corps n’est pas un ennemi. C’est un terrain d’expérience.
On pourrait évidemment se contenter de jeûner.
S’installer dans un fauteuil, contempler le plafond et attendre que les jours passent.
Mais ce serait passer à côté de l’essentiel.
Le Nâtha Yoga n’est pas une gymnastique destinée à fabriquer de jolies silhouettes dans des leggings hors de prix. Même si, dans certains milieux, l’éveil semble désormais nécessiter une tenue parfaitement assortie au tapis.
C’est une tradition d’exploration de la conscience à travers le corps, le souffle, les sensations, l’énergie et l’attention.
Dans cette approche, le corps n’est pas un ennemi à dompter.
C’est un terrain d’expérience.
Le souffle n’est pas seulement une fonction automatique dont nous nous souvenons vaguement lorsque nous montons un escalier.
C’est un outil d’observation, de concentration et de transformation intérieure.
Quant au mental, cette merveilleuse machine capable de produire dix-sept catastrophes imaginaires avant le petit déjeuner, nous allons apprendre à le regarder fonctionner.
Le jeûne vient modifier nos habitudes et nos repères. Le yoga nous donne des moyens d’explorer cette expérience autrement qu’en comptant les heures qui nous séparent du prochain repas.
Agni, Tapas et la grande cuisine intérieure
Dans la tradition des Nâtha, le feu occupe une place essentielle.
Agni, le feu.
Tapas, la chaleur de l’ascèse, cette intensité intérieure qui accompagne le travail sur soi.
Il ne s’agit pas de se transformer littéralement en chaudière, ni de prétendre que quelques jours de privation vont carboniser nos défauts.
Si seulement c’était aussi simple ! Certains auraient besoin d’un véritable incinérateur industriel.
Le feu dont parlent les textes renvoie aussi à une capacité de transformation.
Observer une réaction sans lui obéir immédiatement.
Traverser une impatience sans chercher aussitôt une distraction.
Découvrir que nous pouvons ressentir quelque chose sans devoir le commenter, le justifier ou le publier.
Voilà une forme de Tapas qui mérite notre attention.
Et pas besoin d’être capable de rester trois heures sur la tête pour commencer.
Pour approfondir l’approche du jeûne dans cette tradition, vous pouvez lire Jeûne sec et Nâtha Yoga : le guide de survie.
05 / L’art du souffle
Le souffle : une vieille histoire entre moi et le manque
« Retenir son souffle, j’en ai fait une occupation parfaitement normale. »
Avant d’enseigner le Nâtha Yoga, j’ai pratiqué l’apnée de compétition.
Autant dire que j’ai passé une partie de ma vie à faire exactement le contraire de ce que recommande généralement le bon sens : retenir ma respiration le plus longtemps possible.
Une occupation parfaitement normale, comme chacun sait.
L’apnée m’a appris quelque chose de passionnant : notre relation à une sensation compte parfois autant que la sensation elle-même.
Nous anticipons, nous résistons, nous imaginons, nous nous agitons.
Et le mental, toujours aussi serviable, nous propose immédiatement ses scénarios les plus catastrophiques.
Le jeûne me ramène à cette exploration du rapport au manque, tout en constituant une expérience physiologique bien différente de l’apnée.
Pendant le stage, nous accorderons donc beaucoup d’attention au prânâyâma, l’art du souffle dans le yoga traditionnel.
Pas question de transformer les séances en concours de rétentions ou en démonstration de puissance respiratoire.
Nous privilégierons des pratiques douces, des respirations apaisantes, la perception du souffle, des postures tranquilles et des temps d’immobilité.
Nous pourrons notamment explorer Shîtalî, Nâdî Shodhana, certaines mudrâ et Viparîta Karanî, dans des formes adaptées à chacun.
L’objectif n’est pas de fabriquer des exploits.
C’est d’affiner l’attention.
Sentir le souffle.
Observer les mouvements du mental.
Découvrir comment une posture presque immobile peut devenir un espace d’exploration étonnamment vivant.
On peut parfois apprendre davantage en restant tranquille dix minutes qu’en passant une heure à se contorsionner comme un meuble suédois mal monté.
Si ces techniques vous intriguent, je présente aussi les sept prânâyâma de base du Nâtha Yoga.
06 / Le cœur de cette édition
Le silence : notre grand invité de 2027
Cette année, le silence prendra une place particulièrement importante.
Et lorsque je parle de silence, je ne parle pas simplement d’arrêter de discuter pendant cinq minutes entre deux séances.
Je parle de véritables plages de silence.
Des moments où nous n’aurons rien à raconter, rien à prouver, rien à commenter.
Ce qui, dans notre monde actuel, ressemble presque à une activité subversive.
Car nous avons peur du vide.
Dès qu’un moment de tranquillité apparaît, nous nous précipitons pour le remplir.
Un écran. Une conversation. Une musique. Une information. Un projet.
N’importe quoi, pourvu qu’il ne reste pas cet étrange espace dans lequel nous risquerions d’entendre ce qui se passe réellement en nous.
Et si nous faisions précisément l’inverse ?
Nous allons nous asseoir.
Respirer.
Écouter.
Regarder les pensées passer.
Il y aura probablement quelques surprises.
Certains découvriront qu’ils sont capables de penser à leur prochain repas pendant une durée absolument remarquable.
D’autres constateront que leur mental peut organiser trois conflits familiaux, résoudre deux problèmes professionnels et préparer leurs prochaines vacances en moins d’une minute.
Et puis, parfois, quelque chose se calme.
Pas parce que nous avons remporté une bataille contre les pensées.
Simplement parce que nous cessons de courir derrière chacune d’elles.
Le silence devient alors un espace.
Pas nécessairement confortable à chaque instant.
Mais vivant.
Et cette année, nous allons lui donner le temps de s’installer.

Illustration d’une retraite de méditation
07 / La rencontre inattendue
Se retrouver face à soi : mauvaise nouvelle, nous sommes encore là !
Nos petits personnages intérieurs n’ont jamais payé de loyer.
Voici peut-être le véritable cœur de ce stage.
On retire progressivement la nourriture, puis l’eau pendant la période de jeûne sec. On limite les conversations, on ralentit les activités, on laisse les écrans de côté.
Et que reste-t-il ?
Nous.
Formidable.
Nous pensions venir nous débarrasser de quelques habitudes alimentaires, et voilà que nous retrouvons notre vieux compagnon : ce mental qui parle trop, juge tout, veut toujours avoir raison et n’accepte pas que la réalité ne corresponde pas exactement à ses plans.
Le plus drôle, c’est que nous le connaissons depuis des années.
Nous savons parfaitement qu’il exagère.
Mais nous continuons à le croire.
Pendant cette semaine, nous allons donc observer ce petit théâtre intérieur.
L’impatience.
L’ennui.
Les résistances.
Les envies.
Les émotions qui passent.
Et tous ces personnages qui vivent dans notre tête depuis des décennies sans jamais payer de loyer.
Il ne s’agit pas de les expulser.
Juste de cesser de leur confier systématiquement les clés de la maison.
Le yoga nous invite à développer cette forme de liberté intérieure.
Pas une liberté spectaculaire, accompagnée d’effets spéciaux et d’une musique céleste.
Une liberté beaucoup plus simple.
Celle de voir ce qui se passe sans être obligé de réagir immédiatement.
08 / Explorer autrement
Le calme n’est pas un trou dans l’emploi du temps.
Deux autres dimensions essentielles de la pratique Nâtha pendant cette semaine.
A / Yoga nidrâ
Yoga nidrâ : ne rien faire, mais sérieusement
Parmi les pratiques que nous explorerons, le yoga nidrâ occupera une place importante.
Pour ceux qui ne connaissent pas, le principe peut sembler suspect.
On s’allonge.
On ferme les yeux.
On reste immobile.
Et, dans l’idéal, on ne s’endort pas.
Autant dire que, pour une société obsédée par la productivité, nous sommes déjà aux frontières de la délinquance.
Mais le yoga nidrâ est bien davantage qu’une sieste sophistiquée.
C’est une pratique d’exploration de la conscience, des sensations, des images mentales et des états intermédiaires entre veille et sommeil.
Pendant le stage, ces séances nous offriront de longs moments de repos et d’intériorisation.
Sans objectif à atteindre.
Sans performance à réaliser.
Sans personne pour nous demander si nous avons été suffisamment efficaces.
Et reconnaissons qu’à notre époque, pouvoir s’allonger une heure sans culpabiliser relève presque de l’acte révolutionnaire.
Pour ceux qui souhaiteraient approfondir la pratique après le stage : la formation Yoga Nidrâ.
B / Énergie & attention
Le corps énergétique : autre chose que de jolis dessins de chakra
Les Nâtha parlent de prâna, de nâdî, de chakra, de souffles internes, de centres d’énergie et de circulation subtile.
Sur le papier, c’est magnifique.
On peut acheter des livres, mémoriser les noms sanskrits et expliquer avec beaucoup d’assurance que telle énergie monte, que telle autre descend et qu’une troisième semble avoir raté sa correspondance.
Mais connaître le nom des choses ne signifie pas nécessairement en faire l’expérience.
Pendant cette semaine, nous allons donc privilégier le ressenti.
Les sensations du souffle.
Les zones de tension ou de légèreté.
Les mouvements de l’attention.
Les perceptions qui apparaissent dans l’immobilité.
Les pratiques de concentration, de pratyâhâra, de mudrâ et de méditation nous aideront à explorer cette dimension du Nâtha Yoga.
Sans chercher à produire des phénomènes extraordinaires.
Si la Kundalinî décide de nous rendre visite avec un orchestre symphonique et trois éclairs bleus, nous aviserons.
Mais je préférerais que nous commencions par quelque chose de beaucoup plus intéressant : sentir ce qui est réellement présent.
Même si ce n’est pas particulièrement spectaculaire.
J’ai consacré un article à cette distinction entre théorie et expérience : Le corps énergétique dans le Nâtha Yoga.
09 / La liberté de chacun
Combien de jours de jeûne ? Ici, on ne distribue pas de médailles.
3
jours prévus dans le programme type. La durée est discutée ensemble.
Voilà une question qui revient régulièrement.
« Combien de jours allons-nous jeûner ? »
La réponse est simple : cela dépend de chacun.
L’expérience, les habitudes et les réactions ne sont pas identiques pour tous.
Il n’y a aucune raison de transformer le jeûne en compétition.
Nous n’allons pas organiser les championnats du monde de l’assiette vide.
Et personne ne recevra une coupe pour avoir tenu une heure de plus que son voisin.
Avant le stage, nous échangerons individuellement pour déterminer la durée envisagée et les modalités adaptées à votre situation.
Le programme type prévoit trois journées de jeûne sec, du lundi au mercredi.
Pour les personnes déjà habituées au jeûne, une préparation commencée chez soi peut être envisagée, avec des modalités définies préalablement.
Dans tous les cas, nous nous retrouverons pour la reprise alimentaire commune à partir du jeudi 22 avril.
L’important n’est pas d’impressionner les autres.
C’est de donner du sens à cette expérience.
Et si vous ressentez le besoin d’interrompre votre jeûne, cela ne déclenchera ni tribunal yogique ni radiation de la lignée des Nâtha.
Le yoga survivra.
Vous aussi, espérons-le, à la déception de ne pas recevoir votre médaille imaginaire.
Envie de vivre l’expérience ?
Un petit groupe, six jours et un programme qui laisse de la place au silence.
10 / Le parcours
Le programme : une semaine à ne (presque) rien faire
Six jours pour quitter progressivement le bruit habituel et retrouver une qualité de présence.
Du samedi 17 au jeudi 22 avril 2027
SAM.
17
Arrivée
Samedi 17 avril — Arrivée et descente alimentaire
Nous nous retrouvons au gîte à partir de 14 h.
Installation, présentation du stage, premiers échanges, découverte du lieu et des pratiques.
Pratiques douces, respiration, méditation et premiers temps de silence : nous commençons à quitter le rythme habituel.
Pour certains, le plus déstabilisant ne sera pas l’alimentation, mais de découvrir qu’une journée peut exister sans être découpée en rendez-vous et en notifications.
Le soir, un bouillon de légumes.
Profitez-en pour savourer tranquillement. Personne ne vous demandera de réciter un mantra devant votre assiette.
Enfin, pas encore.
18–20
3J
Jeûne sec
Dimanche 18, lundi 19 et mardi 20 avril — Le cœur du stage
Ces trois journées constituent la période de jeûne sec prévue dans le programme type.
Le rythme devient volontairement très calme.
Postures douces, prânâyâma adapté, mudrâ, yoga nidrâ, concentration, méditation.
Beaucoup de repos.
De longues périodes de silence.
Des temps d’accompagnement individuel.
Et une vie collective réduite à l’essentiel.
Pas de grands discours pour meubler les journées.
Pas de programme militaire dans lequel il faudrait réussir dix-sept pratiques avant le déjeuner.
D’ailleurs, le déjeuner...
Non, rien.
MER.
21
Reprise
Mercredi 21 avril — Le retour des grandes émotions gastronomiques
Début de la reprise commune de l’hydratation et de l’alimentation, selon les modalités prévues pour chacun.
C’est aussi l’occasion d’explorer notre relation à la nourriture.
L’attente, les habitudes, le goût, l’attention.
Après plusieurs jours de simplicité, une saveur ordinaire peut prendre une place tout à fait inhabituelle.
De quoi relativiser l’intérêt des assiettes gastronomiques comportant trente-sept ingrédients et une mousse dont personne ne connaît la composition.
JEU.
22
Départ
Jeudi 22 avril — Le retour à la civilisation
Dernières pratiques, bilan de la semaine et poursuite de la reprise alimentaire.
Nous nous quittons vers midi.
Vous pourrez retrouver votre quotidien, vos habitudes, vos proches, vos responsabilités et, malheureusement, vos courriels.
Mais peut-être avec un regard légèrement différent.
11 / La préparation
La préparation : dire au revoir au café sans organiser des funérailles nationales
La préparation commence avant le stage.
Je vous transmettrai un protocole détaillé après votre inscription.
L’idée générale consiste à simplifier progressivement l’alimentation et à réduire certaines habitudes, notamment le café, l’alcool, le sucre et les repas trop riches.
La dernière semaine, l’alimentation devient plus légère et essentiellement végétarienne.
Pour certains, le véritable défi spirituel commencera précisément ici.
Renoncer au café du matin.
Cette petite cérémonie sacrée sans laquelle l’humanité semble incapable de fonctionner.
Je sais.
Il y a des ascèses plus faciles.
Mais l’intérêt de cette préparation est aussi d’observer notre relation aux habitudes.
Est-ce vraiment un besoin ?
Un plaisir ?
Un automatisme ?
Une manière de nous rassurer ?
Et, surtout, pourquoi sommes-nous capables de défendre notre deuxième café avec davantage de conviction que nos grandes valeurs philosophiques ?
Voilà déjà de belles pistes de méditation.
12 / Le retour au goût
La reprise alimentaire : un grain de raisin peut-il provoquer l’extase ?
Il existe un paradoxe magnifique dans le jeûne.
On passe plusieurs jours à se passer de nourriture, pour redécouvrir ensuite le plaisir de manger.
Dans la tradition des Nâtha, le rapport au plaisir mérite d’ailleurs qu’on s’y attarde.
Le yoga n’est pas nécessairement une entreprise de destruction de la joie.
Le corps n’est pas une erreur de fabrication.
La nourriture n’est pas un péché.
Et le plaisir n’est pas automatiquement un obstacle à la conscience.
Le problème commence quand nous ne choisissons plus vraiment.
Nous mangeons parce qu’il est midi.
Nous grignotons parce que nous nous ennuyons.
Nous avalons notre repas en regardant un écran, puis nous nous demandons pourquoi nous n’avons rien savouré.
Le Nâtha Yoga propose une autre relation à l’expérience.
La notion de Mitâhâra, l’alimentation mesurée et consciente, nous invite à retrouver une forme de justesse.
Et la notion de Rasa, la saveur, nous rappelle que le plaisir peut devenir une porte vers l’attention.
Après une période de jeûne, la reprise alimentaire prend donc une place particulière dans le stage.
Nous réapprenons à regarder, sentir, goûter et savourer.
Un simple bouillon peut devenir un événement.
Une première bouchée peut susciter une émotion digne d’une grande histoire d’amour.
Et un grain de raisin peut soudain obtenir une standing ovation intérieure.
Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire de réserver une table dans un restaurant étoilé pour vivre une expérience gastronomique mémorable.
Pour prolonger cette idée, j’ai écrit Manger le monde : la voie savoureuse des Nâtha Yogis.

« Un simple bouillon peut devenir un événement. »
13 / Le sens du voyage
Le véritable objectif : une ivresse sans bouteille
Pas un exploit à raconter. Une présence à retrouver.
Dans un autre article, je parle du vin comme métaphore de l’ivresse mystique, notamment chez Rumi.
J’aime beaucoup cette idée.
L’ivresse dont parlent certains mystiques n’est pas forcément celle qui nous rend incapables de retrouver nos clés.
C’est une intensité de présence.
Une manière de vivre si pleinement l’instant que les choses ordinaires retrouvent une profondeur inattendue.
Le vent dans les arbres.
Une respiration.
Le contact du sol.
Une lumière sur la montagne.
Un silence partagé.
Un repas.
Un regard.
Voilà ce qui m’intéresse dans cette semaine.
Pas la performance.
Pas l’héroïsme.
Pas la fabrication d’une nouvelle identité spirituelle à afficher sur les réseaux sociaux.
Simplement cette qualité de présence.
Cette possibilité de vivre un peu moins mécaniquement.
Et si vous rentrez chez vous sans avoir rencontré Shiva, sans avoir vu votre aura devenir violette et sans être capable de léviter au-dessus de votre tapis, ce ne sera pas un drame.
Si vous avez appris à mieux vous écouter, à moins courir derrière vos pensées et à savourer davantage la vie, nous aurons déjà fait un joli bout de chemin.
À propos de cette ivresse : Le vin comme excès de Présence : Rumi, yoga et ivresse spirituelle.
14 / Pour qui ?
À qui s’adresse cette drôle d’aventure ?
8 participants. Assez pour partager, pas assez pour créer un comité des menus.
Ce stage s’adresse aux personnes qui souhaitent explorer le Nâtha Yoga dans un cadre de retraite, avec une véritable disponibilité pour le silence, la méditation et le travail intérieur.
Pas besoin d’avoir vingt ans de yoga derrière soi.
Pas besoin de connaître les 108 noms de Shiva.
Pas besoin de posséder un pantalon blanc, un mala en bois de santal ou une photo de soi en posture du lotus devant un coucher de soleil.
Une expérience du yoga peut aider, naturellement, mais l’essentiel est ailleurs.
Il faut surtout avoir envie de pratiquer, accepter de ralentir et être prêt à découvrir que le silence n’est pas toujours aussi silencieux qu’on l’imagine.
Ce stage n’est pas destiné à celles et ceux qui souhaitent collectionner les exploits de privation.
Nous ne cherchons ni record ni démonstration de résistance.
Un échange préalable permettra de faire le point sur votre expérience et sur les modalités de votre participation.
Le groupe sera volontairement limité à huit participants, afin de préserver la qualité de l’accompagnement et de la vie collective.
Huit personnes.
C’est suffisamment nombreux pour partager une belle aventure, mais pas assez pour créer un comité d’organisation, une commission des menus et trois sous-groupes de discussion.
Et c’est très bien ainsi.
15 / Le cadre
Le lieu : les Hautes-Alpes, loin du bruit et des obligations
La montagne comme décor. Le silence comme horizon.
Nous nous retrouverons dans un gîte au cœur des Hautes-Alpes, dans un environnement que je connais bien et qui accueille régulièrement mes stages.
La montagne, la nature, le calme.
Au mois d’avril, le printemps commence à s’installer, mais l’hiver n’a pas nécessairement terminé sa tournée d’adieu.
Prévoyez donc des vêtements chauds, des chaussettes confortables, un plaid, un tapis et un coussin pour la pratique.
Une doudoune ne compromettra pas votre éveil spirituel.
Promis.
Nous profiterons également de l’extérieur lorsque les conditions le permettront, avec des marches tranquilles et des moments de contemplation.
Il ne s’agit pas de gravir un sommet pour prouver que nous sommes de vrais ascètes.
La montagne est déjà suffisamment impressionnante sans que nous ayons besoin de lui montrer nos muscles.
L’hébergement se fera en chambres partagées, selon les disponibilités du gîte.
Et si vous craignez la vie collective, rassurez-vous : avec les longues périodes de silence prévues, vous aurez moins de risques de tomber sur quelqu’un qui vous racontera pendant une heure ses problèmes de voisinage.
16 / Tarifs & inscription
Tarifs : cette année, même les prix arrêtent de faire du yoga !
Les années précédentes, j’avais mis en place un système de tarifs dégressifs selon la date d’inscription.
Sur le papier, c’était formidable.
Dans la réalité, cela ressemblait parfois à un exercice de concentration avancée : il fallait vérifier la date, la chambre, le tarif, la remise, l’alignement des planètes…
Cette année, nous simplifions.
Un tarif fixe, clair, sans compte à rebours ni gymnastique comptable.
Chambre avec sanitaires privatifs
680 €
Chambre double ou triple
Prix par personne, salle de bain et WC dans la chambre.
Chambre avec sanitaires communs
640 €
Chambre double
Prix par personne, sanitaires communs.
Hébergement et stage — tous les détails
680 € par personne en chambre double ou triple avec salle de bain et WC.
640 € par personne en chambre double avec sanitaires communs.
Et pour celles et ceux qui ont déjà participé à l’un de mes stages de jeûne sec, une petite attention : 50 € de réduction.
Soit 630 € ou 590 € selon l’hébergement.
Ce n’est pas encore le programme de fidélité d’une compagnie aérienne, mais au moins, personne ne vous demandera de cumuler des miles en posture du lotus.
Le tarif comprend l’enseignement, l’accompagnement, l’hébergement et les repas prévus pendant les phases de descente et de reprise alimentaire, préparés en autogestion.
Le transport n’est pas compris.
Réservation : conditions et modalités
L’inscription est confirmée à réception d’un acompte de 30 %.
Une annulation jusqu’au 18 mars 2027 inclus permet le remboursement de l’acompte, déduction faite de 50 € de frais de dossier. Au-delà, les conditions d’annulation et de report prévues pour le stage s’appliquent.
Le solde se règle sur place.
Les places étant limitées à huit participants, mieux vaut ne pas trop attendre.
Pas pour céder à une panique commerciale artificielle du type « Plus que 23 minutes pour changer votre vie ! ».
Simplement parce que huit, cela reste huit.
Même avec beaucoup de bonne volonté et quelques techniques de respiration, je ne pourrai pas pousser les murs du gîte.
17 / Questions fréquentes
Quelques questions que vous vous posez peut-être
Le silence, le jeûne, la pratique… et même le droit de rire.
Est-ce que je vais avoir faim ?
Vous penserez peut-être à la nourriture. Il serait assez étonnant que le mental, si attaché à ses habitudes, oublie immédiatement l’existence des croissants.
Mais cette expérience permet aussi d’observer la différence entre une sensation corporelle, une envie et un automatisme.
Nous prendrons le temps d’explorer cela sans en faire un combat.
Est-ce que je dois être un pratiquant avancé de yoga ?
Non.
Les pratiques seront adaptées et ne demanderont aucune performance acrobatique.
Si vous êtes capable de vous asseoir, de respirer et de porter attention à ce qui se passe en vous, vous disposez déjà d’une bonne partie du matériel nécessaire.
Pour le reste, je suis là.
Et si je n’arrive pas à rester silencieux ?
C’est précisément une excellente raison de venir !
Nous ne cherchons pas à fabriquer des statues.
Il restera des temps de parole et de partage.
Mais vous découvrirez peut-être que toutes vos pensées n’exigent pas immédiatement une intervention publique.
C’est déjà une révélation considérable.
Est-ce que je peux commencer mon jeûne avant le stage ?
Pour les personnes ayant déjà de l’expérience, les modalités d’une préparation commencée à domicile pourront être discutées préalablement.
La durée et l’organisation seront définies individuellement.
La reprise alimentaire commune commencera le mercredi 21 avril.
Et si je décide d’interrompre mon jeûne ?
Nous en parlerons et adapterons la suite.
Il n’existe ici aucune obligation de performance ni de durée à atteindre pour satisfaire l’ego.
Celui-ci trouvera certainement d’autres occasions de se rendre intéressant.
Est-ce qu’on va rire pendant ce stage ?
J’espère bien !
Le silence n’est pas la tristesse.
La méditation n’interdit pas la joie.
Et le yoga n’a jamais exigé que nous affichions en permanence cet air pénétré de ceux qui semblent recevoir des instructions directement du cosmos.
Nous pourrons être sérieux dans la pratique sans nous prendre au sérieux.
C’est même plutôt recommandé.
18 / En guise de conclusion
Et si nous arrêtions, une semaine, de vouloir devenir quelqu’un ?
Nous avons peut-être simplement besoin d’apprendre à mieux habiter ce que nous sommes.
Nous passons une bonne partie de notre existence à essayer de nous améliorer.
Être plus efficaces.
Plus calmes.
Plus conscients.
Plus performants.
Plus spirituels.
Même le yoga finit parfois par devenir une nouvelle compétition.
Il faudrait méditer plus longtemps, respirer mieux, manger parfaitement, maîtriser ses émotions et afficher en toutes circonstances un sourire de Bouddha fraîchement repassé.
Quelle fatigue !
Et si nous arrêtions un peu ?
Si, pendant une semaine, nous ne cherchions pas à devenir une meilleure version de nous-mêmes ?
Si nous acceptions simplement de regarder celle qui est déjà là ?
Avec ses contradictions, ses désirs, ses élans, ses impatiences, ses peurs, ses joies et ses petites absurdités.
Car se rencontrer soi-même, ce n’est pas forcément découvrir un magnifique paysage intérieur baigné de lumière dorée.
Parfois, c’est tomber sur un vieux râleur qui n’a pas eu son café.
Parfois, c’est découvrir une émotion oubliée.
Parfois, c’est ne rien trouver de spécial.
Et parfois, sans l’avoir cherché, c’est goûter un moment de tranquillité si simple qu’on se demande pourquoi on passe autant de temps à courir partout.
C’est cette aventure que je vous propose.
Du 17 au 22 avril 2027, dans les Hautes-Alpes.
Six jours de Nâtha Yoga, de souffle, de silence, de méditation et d’exploration intérieure.
Un peu moins de consommation.
Un peu moins d’agitation.
Un peu moins de certitudes.
Et peut-être un peu plus de liberté.
Quant à l’illumination, je ne peux rien vous promettre.
Mais nous aurons au moins une belle occasion d’éteindre quelques automatismes.
Alors, prêt à venir faire le vide ?
17–22 avril 2027 · Hautes-Alpes
Le moment est venu de faire le vide.
Huit participants maximum, une semaine pour pratiquer, respirer, se taire et se rencontrer. Sans concours d’illumination.
Olivier Clair · Nâtha Yoga
Stage jeûne sec & Nâtha Yoga · 17–22 avril 2027 · Olivier Clair
