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COMPRENDRE LA PRATIQUE

Qu’est-ce que le Nâtha Yoga ?

La tradition qui a donné au haṭha yoga ses postures, son souffle et ses verrous. Bien avant les collants fluo.

Le Nâtha Yoga est une pratique de tradition shivaïte qui travaille ensemble le corps, le souffle, l’énergie et l’attention. Pas l’un après l’autre, pas l’un à la place de l’autre : tout en même temps. Oui, c’est plus long à expliquer qu’« un cours d’étirements ». C’est aussi plus intéressant.

Voici le tour du propriétaire, avec le jargon indispensable, traduit.

Posture assise bras tendus vers le haut dans la salle de pratique voûtée du gîte

LA RECETTE

Un yoga qui ne choisit pas entre la posture et le souffle

Dans beaucoup de cours, la posture est le plat principal et le souffle une vague garniture. En Nâtha Yoga, la posture devient un espace d’immobilité : un récipient. On s’y installe, on s’y fixe (c’est le sens d’ekâgratâ, la concentration en un point), et c’est là-dedans qu’on fait monter l’énergie, qu’on la nettoie et qu’on la purifie.

Pour cela, on utilise tout en même temps : la posture, la respiration, les bandha (verrous intérieurs), les mudrâ (gestes), les drishti (fixations du regard), les mantra et les visualisations. Oui, tout. Au début, c’est comme se frotter le ventre en se tapotant la tête en récitant l’alphabet. Puis ça devient un seul geste, et c’est là que ça devient intéressant.

Comparez : faire une posture en soufflant tranquillement avant de se relaxer dedans, ou faire la même posture en y montant vraiment un souffle. Ça n’a rien à voir. Même posture, autre planète.

Respirer, tout le monde sait faire. Respirer exprès, c’est une autre histoire.
Pratique du prânâyâma en groupe dans une salle voûtée : une participante pratique la respiration alternée

LES INGRÉDIENTS

Ce qu’on fait vraiment (et comment ça s’appelle)

Chaque élément a un nom sanskrit, un rôle précis et la fâcheuse tendance à paraître compliqué tant qu’on ne l’a pas essayé.

  • Posture

    Âsana et ekâgratâ

    La posture n’est pas une figure de cirque. C’est une immobilité choisie, un espace où l’énergie peut monter et où toute la structure devient plus sensible.

  • Souffle

    Prânâyâma et ujjayî

    Souffles poussés, rétentions, respiration à la glotte légèrement resserrée (ujjayî) : l’air circule si lentement qu’il ne fait parfois aucun bruit. Parfois il en fait, comme dans la bhastrikâ. Dans les deux cas, rien n’est laissé au hasard.

  • Verrous

    Bandha

    Le plus fréquent : mûlabandha, la contraction du sphincter extérieur de l’anus. Oui, on parle d’anus sur un site de yoga, on s’en remettra. Pour pousser l’énergie plus loin, on ajoute l’ashvinî mudrâ : contractions et relâchements rapides, toujours associés à une sensation, une visualisation et un mantra.

  • Gestes

    Mudrâ

    Mains, langue, yeux : le corps entier devient un circuit. La langue, par exemple, est allongée, en tuyau ou retournée selon la technique. Même la langue a des consignes.

  • Regard

    Drishti

    Les yeux ne se promènent pas au hasard : je sais où ils sont, et je les fais converger pour augmenter la concentration et la présence intérieure. Les sourcils sont souvent relevés. Oui, on a l’air surpris. Non, ce n’est pas grave.

  • Son et image

    Mantra et visualisation

    Sons et images placés dans les chakras pour faire monter l’énergie. Un protocole sans doute différent de ce que vous connaissez, et c’est tout l’intérêt : découvrir de nouvelles façons de faire enrichit toujours.

Rassurez-vous : personne ne vous demande de tout maîtriser dès la première séance. On ajoute les couches une à une. Le but n’est pas la performance, c’est d’avoir envie de revenir.

L’ESPRIT

Une tradition, pas un exercice

Le Nâtha Yoga puise dans une tradition shivaïte, celle des yogis Nâtha. Ces yogis sont considérés comme l’une des sources majeures de ce qu’on appelle aujourd’hui le haṭha yoga. Autrement dit : les postures, les souffles et les verrous que vous croisez ailleurs ont ici leur maison d’origine.

Je l’enseigne de façon laïque, sans appartenir à l’ordre traditionnel des Nâtha (j’explique tout ici), en cherchant à le rendre accessible sans le diluer, en cours comme en atelier ou en stage. Un yoga complet n’est pas un yoga compliqué : c’est un yoga où rien ne manque.

Pratique du prânâyâma avec visualisation du souffle autour du corps

À QUOI ÇA SERT

Quatre objectifs, et un cinquième un peu ambitieux

Le haṭha yoga, tel que la tradition le conçoit, concerne quatre domaines. Ils s’emboîtent : en travailler un fait bouger les autres.

  • Le corps

    Un corps en bonne santé

    Souple, endurant, entretenu pour durer. L’idéal de la tradition : un corps qui tient 90 ou 100 ans sans trop de dégâts, et qui arrive au bout sans maladie, en donnant rendez-vous à la mort plutôt que l’inverse. Ce n’est pas une promesse médicale, c’est une direction.

  • Le souffle

    Un souffle remis à sa place

    Le souffle est le ciment : il relie le corps, l’énergie et la pensée. Le prânâyâma lui redonne sa place première. Son objectif le plus extraordinaire : apprendre à se passer d’air, à respirer dans la pure énergie. C’est l’horizon, pas le programme du premier trimestre.

  • L’énergie

    Une énergie purifiée

    D’abord colmater les fuites (par les mains, les yeux, l’anus, la bouche…). Ensuite travailler la qualité vibratoire de l’énergie, pour qu’elle nourrisse des pensées et des comportements plus spirituels. Réparer la plomberie avant de repeindre.

  • La pensée

    Une pensée qui change de mode

    Réduire le bavardage analytique pour réveiller un autre mode de connaissance : la vision, l’intuition directe. Tant que je comprends tout par l’analyse, pourquoi développer l’intuition ? Justement.

Et le cinquième ? L’éveil de nos capacités : devenir un peu l’égal d’un Dieu, réaliser tous nos potentiels. Vous avez bien lu. Disons qu’on garde ça pour le long terme et qu’en attendant, on apprend à bien respirer.

EST-CE POUR VOUS ?

Un yoga exigeant, mais pas réservé aux surhommes

  • Ça vous ira si…

    Vous voulez comprendre ce que vous faites, pas seulement le faire. Vous aimez qu’une pratique ait de la profondeur, du sens et un peu de rigueur, et vous acceptez de ne pas tout réussir tout de suite (personne ne le fait, moi non plus).

  • Ça vous ira moins si…

    Vous cherchez avant tout une séance d’étirements avec fond musical, ou des résultats en trois séances certificat à l’appui. Les techniques avancées, enfin, ne se pratiquent pas seul : on les apprend pas à pas, avec accompagnement.

Par où continuer ?

POUR ALLER PLUS LOIN

  • Le prânâyâma
    Rythmes, trajets, rétentions : le souffle comme outil, pas comme décor.
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  • Les mudrâ
    Quand tout le corps, de la langue aux orteils, met la main à la pâte.
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  • Yantra et mantra
    La forme qui fixe, le son qui met en mouvement.
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  • Le yoga nidrâ
    Dormir sans s’endormir. C’est plus difficile qu’il n’y paraît.
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  • Par où commencer ?
    Trois questions pour choisir la bonne porte d’entrée.
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  • Le corps énergétique
    Nâdî, chakra, prâna : la carte du territoire, avec légende.
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  • Le cours à La Crau
    Deux heures chaque mercredi soir, pour passer du texte au souffle.
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  • La formation Nâtha Yoga
    Pour approfondir, et enseigner si l’envie vous en prend.
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QUESTIONS FRÉQUENTES

Ce que l’on me demande le plus souvent

Le haṭha yoga désigne l’ensemble des techniques physiques et énergétiques : postures, souffles, verrous, gestes. Le Nâtha Yoga est la tradition qui les a portées, avec son cadre, son esprit et ses objectifs. Pour faire simple : le haṭha yoga, c’est la boîte à outils ; le Nâtha Yoga, c’est l’atelier avec le mode d’emploi.

Non. La souplesse est un résultat possible, pas un ticket d’entrée. La posture est avant tout un espace d’immobilité : on la fait à sa mesure, et personne ne vous retirera votre carte de yogi si vos mains s’arrêtent aux genoux.

C’est l’un des objectifs affichés du prânâyâma dans la tradition : développer un pouvoir qui est en nous et respirer dans la pure énergie. C’est un horizon, pas un exercice du jeudi soir. On commence par respirer avec de l’air, mais en le faisant bien. Si un jour vous n’en avez plus besoin, prévenez-moi.

Ils demandent de la progressivité et un accompagnement : les techniques sont introduites pas à pas et adaptées à chacun. En cas de problème de santé (cardiaque, tension, grossesse…), demandez l’avis de votre médecin avant de commencer, et parlez-m’en.

Non. Le cadre est traditionnel (shivaïte), mais la pratique repose sur l’expérience : vous essayez, vous observez, vous jugez par vous-même. Personne ne vous demande de signer quoi que ce soit.

Certains ressentent du calme ou de l’énergie dès les premières séances. Les effets durables, eux, viennent avec la régularité : une pratique suivie transforme davantage qu’un grand élan suivi de trois semaines d’absence.

ENVIE D’ESSAYER ?

Lire, c’est bien. Respirer, c’est mieux.

Le plus simple pour comprendre le Nâtha Yoga reste encore de le pratiquer. Venez essayer un cours à La Crau, ou écrivez-moi si vous avez une question : je réponds, y compris aux questions bizarres.

Olivier Clair · Nâtha Yoga · 1116 A route de Maraval · 83260 La Crau