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Pratiques de Nâtha Yoga · Prânâyâma

Les 7 prânâyâma de base du Nâtha Yoga

Respirer, tout le monde sait faire. Utiliser consciemment le souffle pour agir sur l’attention, l’énergie et l’état intérieur… c’est déjà une autre histoire.

Respirer, en principe, nous savons tous faire. C’est même une activité dans laquelle nous avons une certaine expérience : quelques dizaines d’années, pour la plupart, sans interruption majeure.

Et pourtant, dès que l’on commence à pratiquer le prânâyâma, on découvre assez vite que respirer automatiquement et utiliser consciemment le souffle sont deux choses très différentes.

Dans le Nâtha Yoga, le souffle n’est pas un simple accompagnement de la posture. Il constitue une pratique à part entière. On apprend à le ralentir, à l’amplifier, à le rythmer, à le suspendre et, progressivement, à observer ce qu’il produit sur le corps, l’énergie et le mental.

Il ne s’agit pas pour autant de battre un record d’apnée assis en tailleur avec un air inspiré.

L’objectif est beaucoup plus intéressant : comprendre comment le souffle peut devenir un outil de stabilité, de concentration et de connaissance de soi.

Pratique du prânâyâma avec visualisation du souffle autour du corps

Le prânâyâma commence par le souffle physique, mais ne s’y arrête pas.

Qu’est-ce que le prânâyâma ?

Le mot prânâyâma est généralement associé à la maîtrise ou au développement du prâna, l’énergie vitale dans la tradition du yoga.

Dans la pratique, tout commence pourtant très simplement : par la respiration.

Nous allons utiliser volontairement :

  • la durée de l’inspiration ;
  • la durée de l’expiration ;
  • le rythme ;
  • les rétentions du souffle ;
  • parfois le son ;
  • systématiquement accompagné de contractions internes appelées bandha ;
  • et surtout l’attention.

Autrement dit, nous prenons quelque chose qui fonctionne habituellement sans nous demander notre avis et nous commençons à intervenir dessus.

C’est à partir de là que les choses deviennent intéressantes.

Quand nous sommes agités, notre respiration change. Quand nous avons peur, elle change. Quand nous sommes profondément détendus, elle change encore.

Si l’état intérieur agit sur le souffle, peut-on utiliser le souffle pour agir sur l’état intérieur ?

Avant le prânâyâma : retrouver un souffle disponible

Avant d’ajouter des rythmes compliqués, des rétentions et toute la plomberie yogique, il faut déjà disposer d’un souffle relativement libre.

Cela paraît évident. Ça ne l’est pas toujours.

Beaucoup de personnes respirent très peu avec l’abdomen, mobilisent mal la cage thoracique ou respirent presque exclusivement dans la partie haute des poumons.

La première étape consiste donc simplement à observer puis libérer la respiration physiologique.

On peut apprendre à distinguer respiration abdominale, thoracique et haute, puis les réunir progressivement dans un mouvement respiratoire plus ample et plus fluide.

Le principe : le souffle doit rester confortable. Le but n’est pas de gonfler les poumons comme un matelas pneumatique.

Allonger progressivement le souffle

Une fois la respiration devenue plus disponible, on peut modifier sa durée.

Par exemple : inspiration 5 secondes — expiration 10 secondes.

Puis éventuellement : inspiration 10 secondes — expiration 20 secondes.

Il ne s’agit évidemment pas d’une norme à atteindre coûte que coûte. Chacun adapte le rythme à sa capacité respiratoire.

Si le visage se transforme, que les épaules montent jusqu’aux oreilles et que l’on attend désespérément la prochaine inspiration, c’est probablement que l’on est allé un peu trop loin.

Et les rétentions du souffle ?

Les rétentions, ou kumbhaka, occupent une place centrale dans de nombreuses pratiques de prânâyâma.

On distingue notamment antar kumbhaka, la rétention poumons pleins, et bahir kumbhaka, la rétention poumons vides.

Mais les rétentions ne sont pas la première étape. On commence généralement par stabiliser le souffle, l’allonger et établir un rythme confortable.

« J’ai tenu deux minutes sans respirer, donc mon karma va beaucoup mieux. » — probablement pas.

Les 7 prânâyâma de base

Il existe énormément de techniques respiratoires dans le yoga. Certaines sont simples, d’autres beaucoup moins.

Dans la pratique du Nâtha Yoga, sept techniques permettent déjà d’explorer une grande partie des possibilités du souffle.

  • 01

    Kapâlabhâti : le souffle qui nettoie et réveille

    Kapâlabhâti est une respiration dynamique caractérisée par des expirations courtes et actives produites par la contraction de l’abdomen.

    L’inspiration, elle, revient naturellement.

    Expiration active — inspiration passive.

    C’est une pratique vive, tonique, parfois presque jubilatoire. Elle permet d’observer très clairement le mouvement abdominal et la relation entre souffle et concentration.

  • 02

    Bhastrikâ : le soufflet

    Le mot bhastrikâ signifie « soufflet ». Et pour une fois, le nom décrit assez bien ce qui se passe.

    Contrairement à Kapâlabhâti, l’inspiration et l’expiration sont toutes les deux actives.

    Le souffle entre et sort avec énergie. On commence cependant avec des séries courtes : inutile de transformer la séance de yoga en forge industrielle dès le premier jour.

  • 03

    Samavritti : le souffle égal

    Avec Samavritti, les différentes phases respiratoires adoptent une durée identique.

    Par exemple : inspiration 4 — rétention 4 — expiration 4 — rétention 4.

    Cette régularité donne au souffle une structure particulièrement stable.

    Le mental, lui, trouve souvent urgent de penser aux courses, à un message oublié ou à une conversation datant de 2007. C’est précisément là que la pratique commence.

  • 04

    Visamavritti : jouer avec les proportions

    Visamavritti introduit des proportions différentes entre les phases respiratoires.

    Par exemple : inspiration 1 — expiration 2.

    Ou, dans des pratiques plus avancées : inspiration 1 — rétention 4 — expiration 2.

    On découvre alors quelque chose d’assez surprenant : respirer lentement demande parfois beaucoup plus d’attention que respirer fort.

  • 05

    Ujjâyin : le souffle légèrement sonore

    Avec Ujjâyin, on crée une légère contraction au niveau de la gorge. L’air produit alors un son discret et continu.

    Ce son devient lui-même un support de concentration et permet de ralentir naturellement la respiration.

    Le son doit rester doux. Si la personne située dans la pièce voisine pense qu’un Dark Vador enrhumé vient de s’installer chez vous, vous forcez probablement un peu.

  • 06

    Shîtalî : le souffle rafraîchissant

    Shîtalî appartient aux respirations traditionnellement considérées comme rafraîchissantes.

    La technique consiste généralement à inspirer par la bouche, la langue formant un petit canal, puis à expirer par le nez.

    Certaines personnes ne peuvent pas rouler la langue de cette manière. Ce n’est pas un manque de spiritualité : c’est simplement lié à l’anatomie.

  • 07

    Nâdî Shodhana : la respiration alternée

    La respiration alternée est probablement l’une des techniques les plus connues du yoga.

    Une forme simple consiste à :

    • inspirer à gauche ;
    • expirer à droite ;
    • inspirer à droite ;
    • expirer à gauche.

    Puis recommencer.

    Nâdî Shodhana signifie purification des nâdî, les circuits subtils décrits par la tradition yogique.

Pratique de Nâdî Shodhana avec respiration alternée par les narines

Nâdî Shodhana : alterner le souffle pour travailler équilibre, précision et attention.

Pourquoi travailler le souffle ?

Nous avons tendance à considérer la respiration comme une simple fonction physiologique.

Mais le souffle possède une particularité assez étonnante : nous pouvons le laisser fonctionner automatiquement et nous pouvons aussi le contrôler volontairement.

Vous pouvez décider de retenir votre respiration.

Essayez maintenant de décider d’arrêter votre digestion pendant trois minutes. C’est nettement moins coopératif.

Le souffle forme donc une sorte de frontière entre ce qui fonctionne automatiquement et ce que nous pouvons volontairement influencer.

Souffle, émotions et pensées

Une émotion modifie presque immédiatement la respiration. La peur peut la bloquer. La colère peut l’accélérer. Le soulagement produit souvent une longue expiration.

Le prânâyâma consiste à explorer consciemment cette relation.

Cela ne signifie pas que trois respirations alternées vont résoudre tous les problèmes existentiels. Ce serait pratique. Mais légèrement optimiste.

Pratique du prânâyâma avec visualisation du souffle le long de l’axe central

Du souffle respiratoire au travail de l’axe : la pratique devient progressivement plus intérieure.

Les trois niveaux du souffle dans le Nâtha Yoga

Le souffle physiologique

C’est la respiration telle que nous pouvons directement la sentir : l’air entre, l’air sort, l’abdomen bouge, la cage thoracique s’ouvre.

C’est le niveau le plus concret et le point de départ indispensable.

Le souffle énergétique

À mesure que la respiration devient plus fine et que l’attention se stabilise, la pratique ne porte plus uniquement sur le déplacement de l’air.

On commence à travailler avec la représentation du prâna, des nâdî et des circulations énergétiques décrites par la tradition.

Le souffle virtuel

À un niveau plus subtil encore, le souffle peut devenir presque entièrement intérieur.

Le mouvement respiratoire physique devient secondaire. La pratique repose davantage sur l’attention, la sensation et la représentation.

On pourrait dire que le souffle continue d’exister alors même qu’il devient de moins en moins spectaculaire.

C’est généralement mauvais pour Instagram. Mais particulièrement intéressant pour le yoga.

Quel prânâyâma pratiquer quand on débute ?

Il n’est pas nécessaire de pratiquer les sept techniques dès la première séance.

Commencez avec une respiration confortable. Observez-la. Allongez progressivement l’expiration.

Vous pouvez ensuite introduire :

  • Samavritti, pour apprendre la régularité ;
  • Ujjâyin, pour associer souffle et concentration ;
  • une forme simple de Nâdî Shodhana.

Les respirations plus dynamiques comme Kapâlabhâti et Bhastrikâ demandent davantage de précision. Quant aux longues rétentions, elles viennent plus tard.

La progression est assez simple :
d’abord respirer correctement, ensuite compliquer les choses.

Combien de temps pratiquer ?

Quelques minutes quotidiennes peuvent déjà constituer une véritable pratique.

Dix minutes régulières valent souvent mieux qu’une séance héroïque d’une heure tous les deux mois.

Vous pouvez par exemple commencer par :

  • quelques minutes d’observation du souffle ;
  • 5 minutes de respiration rythmée ;
  • quelques instants d’immobilité.

Ce qui compte surtout est la régularité.

Pratique respiratoire de Nâtha Yoga favorisant calme et concentration

Après le souffle, l’immobilité : laisser la pratique produire son effet sans immédiatement repartir au galop.

En conclusion

Le prânâyâma commence avec quelque chose d’extrêmement banal : respirer.

Puis, progressivement, ce geste ordinaire devient un formidable terrain d’exploration.

On découvre le rythme, la suspension, le silence, les mouvements de l’énergie et surtout cette relation permanente entre souffle, attention et état intérieur.

Les sept respirations présentées ici ne constituent donc pas une collection d’exercices.

Que se passe-t-il lorsque nous cessons simplement de respirer… pour commencer à observer comment nous respirons ?

FAQ – Prânâyâma

La respiration est une fonction physiologique naturelle. Le prânâyâma utilise consciemment le rythme, l’amplitude, les rétentions et l’attention pour transformer la respiration en pratique yogique.

Une respiration lente et confortable, Samavritti, Ujjâyin ou une respiration alternée simple constituent de bonnes portes d’entrée.

Une pratique douce et adaptée peut être intégrée quotidiennement. Les techniques puissantes ou comportant de longues rétentions demandent davantage de progression et d’encadrement.

Le prânâyâma se pratique plutôt l’estomac vide ou après digestion, ce qui rend généralement les mouvements respiratoires plus confortables. Mais il peut aussi se faire après un repas, tout dépend de la quantité.

Pour commencer, 5 à 10 minutes régulières suffisent largement. La qualité de la pratique est plus importante que sa durée.

Pour aller plus loin

Le souffle ne s’apprend pas uniquement en lisant une liste.

Sinon les notices de lave-linge formeraient d’excellents yogis. Dans les cours, ateliers et formations, nous travaillons progressivement le rythme, les rétentions, les bandha, la concentration et les dimensions plus subtiles du souffle.

Prochaine immersion : le stage Mudrâ & Nâda Yoga, du 27 au 31 juillet 2027 dans les Hautes-Alpes.

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