
Posture
Âsana et ekâgratâ
La posture n’est pas une figure de cirque. C’est une immobilité choisie, un espace où l’énergie peut monter et où toute la structure devient plus sensible.
COMPRENDRE LA PRATIQUE
La tradition qui a donné au haṭha yoga ses postures, son souffle et ses verrous. Bien avant les collants fluo.
Le Nâtha Yoga est une pratique de tradition shivaïte qui travaille ensemble le corps, le souffle, l’énergie et l’attention. Pas l’un après l’autre, pas l’un à la place de l’autre : tout en même temps. Oui, c’est plus long à expliquer qu’« un cours d’étirements ». C’est aussi plus intéressant.
Voici le tour du propriétaire, avec le jargon indispensable, traduit.

LA RECETTE
Dans beaucoup de cours, la posture est le plat principal et le souffle une vague garniture. En Nâtha Yoga, la posture devient un espace d’immobilité : un récipient. On s’y installe, on s’y fixe (c’est le sens d’ekâgratâ, la concentration en un point), et c’est là-dedans qu’on fait monter l’énergie, qu’on la nettoie et qu’on la purifie.
Pour cela, on utilise tout en même temps : la posture, la respiration, les bandha (verrous intérieurs), les mudrâ (gestes), les drishti (fixations du regard), les mantra et les visualisations. Oui, tout. Au début, c’est comme se frotter le ventre en se tapotant la tête en récitant l’alphabet. Puis ça devient un seul geste, et c’est là que ça devient intéressant.
Comparez : faire une posture en soufflant tranquillement avant de se relaxer dedans, ou faire la même posture en y montant vraiment un souffle. Ça n’a rien à voir. Même posture, autre planète.

LES INGRÉDIENTS
Chaque élément a un nom sanskrit, un rôle précis et la fâcheuse tendance à paraître compliqué tant qu’on ne l’a pas essayé.

Posture
La posture n’est pas une figure de cirque. C’est une immobilité choisie, un espace où l’énergie peut monter et où toute la structure devient plus sensible.

Souffle
Souffles poussés, rétentions, respiration à la glotte légèrement resserrée (ujjayî) : l’air circule si lentement qu’il ne fait parfois aucun bruit. Parfois il en fait, comme dans la bhastrikâ. Dans les deux cas, rien n’est laissé au hasard.

Verrous
Le plus fréquent : mûlabandha, la contraction du sphincter extérieur de l’anus. Oui, on parle d’anus sur un site de yoga, on s’en remettra. Pour pousser l’énergie plus loin, on ajoute l’ashvinî mudrâ : contractions et relâchements rapides, toujours associés à une sensation, une visualisation et un mantra.

Gestes
Mains, langue, yeux : le corps entier devient un circuit. La langue, par exemple, est allongée, en tuyau ou retournée selon la technique. Même la langue a des consignes.

Regard
Les yeux ne se promènent pas au hasard : je sais où ils sont, et je les fais converger pour augmenter la concentration et la présence intérieure. Les sourcils sont souvent relevés. Oui, on a l’air surpris. Non, ce n’est pas grave.

Son et image
Sons et images placés dans les chakras pour faire monter l’énergie. Un protocole sans doute différent de ce que vous connaissez, et c’est tout l’intérêt : découvrir de nouvelles façons de faire enrichit toujours.
Rassurez-vous : personne ne vous demande de tout maîtriser dès la première séance. On ajoute les couches une à une. Le but n’est pas la performance, c’est d’avoir envie de revenir.
L’ESPRIT
Le Nâtha Yoga puise dans une tradition shivaïte, celle des yogis Nâtha. Ces yogis sont considérés comme l’une des sources majeures de ce qu’on appelle aujourd’hui le haṭha yoga. Autrement dit : les postures, les souffles et les verrous que vous croisez ailleurs ont ici leur maison d’origine.
Je l’enseigne de façon laïque, sans appartenir à l’ordre traditionnel des Nâtha (j’explique tout ici), en cherchant à le rendre accessible sans le diluer, en cours comme en atelier ou en stage. Un yoga complet n’est pas un yoga compliqué : c’est un yoga où rien ne manque.

À QUOI ÇA SERT
Le haṭha yoga, tel que la tradition le conçoit, concerne quatre domaines. Ils s’emboîtent : en travailler un fait bouger les autres.

Le corps
Souple, endurant, entretenu pour durer. L’idéal de la tradition : un corps qui tient 90 ou 100 ans sans trop de dégâts, et qui arrive au bout sans maladie, en donnant rendez-vous à la mort plutôt que l’inverse. Ce n’est pas une promesse médicale, c’est une direction.

Le souffle
Le souffle est le ciment : il relie le corps, l’énergie et la pensée. Le prânâyâma lui redonne sa place première. Son objectif le plus extraordinaire : apprendre à se passer d’air, à respirer dans la pure énergie. C’est l’horizon, pas le programme du premier trimestre.

L’énergie
D’abord colmater les fuites (par les mains, les yeux, l’anus, la bouche…). Ensuite travailler la qualité vibratoire de l’énergie, pour qu’elle nourrisse des pensées et des comportements plus spirituels. Réparer la plomberie avant de repeindre.

La pensée
Réduire le bavardage analytique pour réveiller un autre mode de connaissance : la vision, l’intuition directe. Tant que je comprends tout par l’analyse, pourquoi développer l’intuition ? Justement.
Et le cinquième ? L’éveil de nos capacités : devenir un peu l’égal d’un Dieu, réaliser tous nos potentiels. Vous avez bien lu. Disons qu’on garde ça pour le long terme et qu’en attendant, on apprend à bien respirer.
EST-CE POUR VOUS ?
Vous voulez comprendre ce que vous faites, pas seulement le faire. Vous aimez qu’une pratique ait de la profondeur, du sens et un peu de rigueur, et vous acceptez de ne pas tout réussir tout de suite (personne ne le fait, moi non plus).
Vous cherchez avant tout une séance d’étirements avec fond musical, ou des résultats en trois séances certificat à l’appui. Les techniques avancées, enfin, ne se pratiquent pas seul : on les apprend pas à pas, avec accompagnement.
POUR ALLER PLUS LOIN








QUESTIONS FRÉQUENTES
Le haṭha yoga désigne l’ensemble des techniques physiques et énergétiques : postures, souffles, verrous, gestes. Le Nâtha Yoga est la tradition qui les a portées, avec son cadre, son esprit et ses objectifs. Pour faire simple : le haṭha yoga, c’est la boîte à outils ; le Nâtha Yoga, c’est l’atelier avec le mode d’emploi.
Non. La souplesse est un résultat possible, pas un ticket d’entrée. La posture est avant tout un espace d’immobilité : on la fait à sa mesure, et personne ne vous retirera votre carte de yogi si vos mains s’arrêtent aux genoux.
C’est l’un des objectifs affichés du prânâyâma dans la tradition : développer un pouvoir qui est en nous et respirer dans la pure énergie. C’est un horizon, pas un exercice du jeudi soir. On commence par respirer avec de l’air, mais en le faisant bien. Si un jour vous n’en avez plus besoin, prévenez-moi.
Ils demandent de la progressivité et un accompagnement : les techniques sont introduites pas à pas et adaptées à chacun. En cas de problème de santé (cardiaque, tension, grossesse…), demandez l’avis de votre médecin avant de commencer, et parlez-m’en.
Non. Le cadre est traditionnel (shivaïte), mais la pratique repose sur l’expérience : vous essayez, vous observez, vous jugez par vous-même. Personne ne vous demande de signer quoi que ce soit.
Certains ressentent du calme ou de l’énergie dès les premières séances. Les effets durables, eux, viennent avec la régularité : une pratique suivie transforme davantage qu’un grand élan suivi de trois semaines d’absence.
ENVIE D’ESSAYER ?
Le plus simple pour comprendre le Nâtha Yoga reste encore de le pratiquer. Venez essayer un cours à La Crau, ou écrivez-moi si vous avez une question : je réponds, y compris aux questions bizarres.
Olivier Clair · Nâtha Yoga · 1116 A route de Maraval · 83260 La Crau